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Santé

Quelle est la part de l’effet nocebo dans notre quotidien ?

Selon le Pr. Léon Schwartzenberg : « Nous attrapons tous des cellules malignes tous les jours, nous en avons tous, et tous les les jours, nous nous en débarrassons. ». La relation chaleureuse avec son corps, l’accord avec soi-même, la  gestion  de  notre  stress  quotidien  améliorent  le  fonctionnement immunologique du corps et retardent les symptômes de la maladie tout en nous apportant la joie de vivre. Ainsi, le corps humain possède, dans une certaine limite, le pouvoir de lutter contre la maladie. L’effet placebo (du latin « je plairai ») témoigne de cette capacité à vaincre, sitôt que le patient est convaincu.

Mais cet effet placebo n’est pas toujours bénéfique, il peut être de nature dommageable pour l’individu : c’est ce que l’on appelle alors l’effet nocebo (du latin : « je nuirai »). Plus difficile à démontrer scientifiquement, il est de ce fait moins connu. Différents exemples pourtant peuvent illustrer cet effet nocebo : comme ce patient, atteint d’un cancer du foie, auquel avait été annoncé, par erreur, qu’il était en phase terminale. L’homme est mort, comme annoncé, mais à l’autopsie, sa tumeur s’était révélée minuscule sans métastase, témoignant d’une erreur de diagnostic… Ou encore il a pu être observé l’apparition de troubles chez des riverains d’une antenne-relais de téléphonie mobile, alors même que l’installation n’avait pas encore été mise en service… Ces cas constituent peut-être des formes plus extrêmes d’un phénomène assez répandu. En effet, les personnes qui pensent être sujettes à certaines maladies ont plus de chances d’en être atteintes que celles qui sont convaincues du contraire.

En outre, il est possible qu’un grand nombre de patients subissent des effets secondaires uniquement parce qu’on les a avertis qu’ils risquaient d’en subir. En effet, l’effet nocebo se rencontre face aux effets secondaires annoncés des médicaments, ces derniers apparaissant parfois même avant leur administration. Il est présent car le patient, sachant qu’il prend un médicament, recrée inconsciemment les effets indésirables dont il a pu entendre parler auprès de ses amis, dans les médias, ou simplement lus sur la notice. Ces effets, distincts des effets secondaires réels d’un médicament, sont de nature purement psychologique – même si la distinction entre les deux n’est pas toujours aisée. Plus inquiétant, il semble également que cet effet soit contagieux et qu’il soit parfois à l’origine d’une propagation de symptômes inexpliqués au sein d’un groupe.

De l’importance de la façon de formuler les choses que ce soit de la part des professionnels de santé vis-à-vis de leur patient, des médias vis-à-vis de leur cible ou simplement de tout un chacun vis-à-vis de nos proches, de nos collègues… et ceci au quotidien. L’optimisme comme le pessimisme influent sur la santé et aussi sur les gestes en matière de prévention. Alors pourquoi ne pas oser la confiance et l’optimisme, garants du maintien de notre santé et de notre dynamisme ?

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