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Santé

La vaccination : une autre question de confiance…

Le ministère de la santé a présenté le nouveau plan Hépatites 2009-2012. Les hépatites, c’est 280 000 porteurs de VHB et 220 000 VHC plus tous ceux qui s’ignorent…
Les hépatites, c’est également 4000 décès par an, touchant des populations particulièrement vulnérables : migrants, usagers de drogues (ou ex-usagers), détenus, personnes en situation d’extrême précarité.
Le tableau épidémiologique est préoccupant et pourtant, le ministère a placé ce nouveau plan sous le signe de la restauration de la confiance… au sein des professionnels de santé. Car il faut l’admettre, les différentes polémiques de ces dernières années dont celle liée à un risque accru de sclérose en plaques chez certaines personnes vaccinées contre le VHB n’ont pas aidé. Et cela vaut autant pour le grand public (dont je peux comprendre les interrogations) que pour le corps médical (plus ennuyeux). Ajoutez à cela les mouvements de citoyens anti-vaccination, le questionnement sur l’efficacité réelle de certains vaccins, les inquiétudes légitimes liées aux effets secondaires… et l’on obtient une belle érosion de la confiance. Et parfois peu de médecins pour la rétablir.
Pour autant, le principe même de la vaccination est fondamental et j’en suis personnellement convaincu car il est porteur d’un message utile pour nos sociétés à l’échelle mondiale : la protection individuelle est le meilleur moyen de se prémunir collectivement des grandes pandémies virales qui ont ravagé nos sociétés par le passé. Nous l’avons peut-être oublié.
Nous avons peut-être également oublié d’en parler, à force de toujours orienter les débats sur la seule question de l’efficacité et des effets secondaires : deux notions dont on sait pourtant à quel point elles sont variables d’un individu à un autre : le 100% efficace et sécurisé n’a jamais existé avec le médicament !
Regagner la confiance des médecins (que le baromètre international Trust d’Edelman place au sommet de la pyramide des personnes crédibles et influentes depuis plusieurs années) est donc plus qu’une priorité pour le ministère de la santé : c’est devenu une obligation de résultat pour relancer la vaccination.
La confiance passera nécessairement par l’instauration d’un dialogue (pour percer « l’abcès ») plus que par des recommandations de pratiques car le doute est profond.
La confiance passera également par la réassurance des médecins sur le fait qu’en conseillant la vaccination, sans commettre d’erreur sur le plan médical évidement, ils seront demain mieux protégés juridiquement face à des citoyens qui commencent à recourir à la justice comme d’autres manifestent régulièrement leur mécontentement auprès des services consommateurs !
Enfin, la confiance passera inévitablement par un dialogue que les laboratoires pharmaceutiques doivent ouvrir avec les citoyens (qui ne sont pas que des consommateurs et des patients !) pour expliquer que les vaccins sont des produits qui répondent aux mêmes exigences de sécurité que les médicaments (et les citoyens ont confiance dans leurs médicaments !), que les industriels veillent à la fabrication de ces vaccins selon des règles strictes de qualité, de traçabilité (pour la contrefaçon) et  de sécurité, etc.
Il est temps que chaque acteur du marché prenne ses responsabilités et pour cela, il faut aussi que chaque acteur cesse de se réfugier derrière son syndicat professionnel ou son regroupement pour porter ce dialogue (…si vous voyez ce que je veux dire). Il appartient à mon sens à chaque fabricant de défendre sa responsabilité son image… et ses activités commerciales.
Au fait, j’allais oublier : la France et l’Allemagne, pour ne citer que ces deux pays de la zone Europe, viennent de rapporter une recrudescence des cas de rougeole… mais c’est pas grave la rougeole ?!

Fabrice Préau

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