A l’heure où le G20, regroupant les grands pays industrialisés et émergents, débute à Londres, la France, et ceci pour la 7ème fois, vivra durant une semaine à l’heure du développement durable et de la défense de l’environnement. Le thème de cette édition 2009 et qui va du 1er au 7 avril, est la consommation durable.
Au fil des éditions, cette opération a pris son envol, et collectivités locales, associations, entreprises et établissements scolaires apportent leurs soutiens à travers 3 000 manifestations. Un des grands évènements sera Planète Durable, le salon de la consommation durable qui aura lieu du 2 au 5 avril 2009 à Paris. La mobilisation est de plus en plus forte, mais bien que le Grenelle de l’Environnement ait permis de mobiliser l’ensemble de la société au service de la planète, la responsabilisation des citoyens va-t-elle de pair ?
Couper l’eau pendant que l’on se brosse les dents, lorsqu’on se savonne sous la douche, trier ses déchets, éteindre la veilleuse de ton poste de télévision, acheter des produits issus du commerce équitable,…. des actions parfois réduites à une semaine suite à buzz événementiel ou médiatique et l’on oublie vite les engagements pris consciencieusement la veille : nous croyions parfois nous acheter une bonne conscience et une bonne image à moindres frais et clore ainsi pour une année nos actions en faveur du développement durable.
Mais que faut-il faire et quel effort faut-il fournir ? Des analyses montrent que des changements de faible ampleur dans les habitudes auront un impact significatif à l’échelle d’un pays comme la France. Le bénéfice collectif et indirect généré par quelques corrections dans nos comportements quotidiens – les écogestes – conduit le plus souvent à des gains financiers directs. L’impact de l’homme sur la nature n’a jamais été aussi problématique, aussi par nos choix de consommation, nous pouvons tous agir sans bouleverser notre mode de vie et notre confort, juste en l’adoptant. C’est tout l’enjeu de cette 7ème Semaine du développement durable : faire changer le comportement des français en les incitant à adopter dans la vie de tous les jours des comportements « éco-compatibles ».
En cette période où les économies émergentes, ainsi que les pays les plus pauvres du monde, qui ont été parmi les plus nombreux à être frappés de plein fouet par la récession, l’économie planétaire va se contracter cette année pour la première fois depuis 1945. C’est peut-être l’occasion d’agir dans le domaine du changement climatique, ce que le monde, jusqu’à présent, s’est soigneusement abstenu de faire. En période de récession, les réductions de consommation de gaz carbonique sont une évidence. Mais, quand la croissance sera de retour, il faudra qu’elle se montre peu gourmande en CO2. Ce qui demande des réformes réalistes au niveau international, et des actions citoyennes au niveau de chaque individu.
Un geste :
Le Programme des Nations-unies pour l’environnement s’est associé, entre autres, à l’entreprise américaine pour ajouter dans Google Earth des informations sur les déforestations, la fonte des glaciers ou l’assèchement des grands lacs.
Une initiative activisme écolo, version 2.0 :
Aider l’environnement, en incitant les citoyens à consommer responsable, tel est l’objectif poursuivi par CarrotMob, qui a utilisé la Toile et les réseaux communautaires du Web 2.0 pour mener des actions militantes en faveur du développement durable. Le programme a mis en compétition des commerces de quartier sur des critères écologiques. Les commerçants jugés irrespectueux de l’environnement ont été boycottés et les plus vertueux, ceux qui prennent des engagements respectueux de l’environnement comme remplacer leurs lumières ou les vieux réfrigérateurs ont bénéficié alors d’un « magic day » durant lequel tous les internautes engagés dans le programme ont acheté massivement leurs produits.
Une initiative de Brent Schulkin, ancien de Google et fondateur de Carrotmob dans le but d’attirer un grand nombre de personnes pour amener les plus grandes entreprises à adopter des pratiques respectant l’environnement. Cette première opération a été réalisée dans une épicerie à San Francisco. En quelques heures, les responsables du magasin, qui s’étaient engagés à investir 22 % des recettes dans leurs infrastructures, ont encaissé près de 10 000 dollars [7 670 euros]. Ce qui devrait leur permettre d’économiser près de 900 Kw/h une fois leurs nouvelles installations déployées.
Odile Tardieux-Dardenne
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